Paris, 7 & 8 octobre 2017

VEGGIE PRIDE

Foire aux questions

Questions générales

1. Qu’est ce que la Veggie Pride ?
2. Quels sont les objectifs de la Veggie Pride ?
3. Quelle est l’histoire de la Veggie Pride ?
4. Qui sont les organisateurs de la Veggie Pride ?
5. Comment est financée la Veggie Pride ?
6. Quand auront lieu les prochaines Veggie Pride ?

Sur l’organisation et le déroulement

1. Qui peut participer à la manifestation ?
2. Quelles consignes doivent être suivies par les participants à la manifestation ?
3. Qui peut participer à l’organisation ?
4. Que pouvez-vous apporter à l’organisation de la Veggie Pride ?

Sur le fond

1. Pourquoi avoir choisi le nom «Veggie Pride» ?
2. Pourquoi être «fiers» de notre végéta*isme ?
3. En quoi l’approche visée par la Veggie Pride est-elle différente de celle des autres mouvements de promotion du végéta*isme ou de défense animale ?
4. Pourquoi la Veggie Pride ne met-elle pas en avant d’autres raisons de choisir le végéta*isme que la volonté de ne pas maltraiter et tuer les animaux ?
5. Pourquoi la Veggie Pride défend-elle les droits des végéta*iens et pas «directement» ceux des animaux ?
6. Qu’est ce que la végéphobie dénoncée par la Veggie Pride ?
7. Le message porté par la Veggie Pride est-il agressif ou intolérant ?
8. Un discours plus consensuel ne serait-il pas plus efficace ?

 

Questions générales

 

1. Qu’est ce que la Veggie Pride ?

La Veggie Pride est une manifestation qui rassemble chaque année des végéta*iens contre l’exploitation animale [«Végéta*ien» est un raccourci pour végétarien ou végétalien, ce qui inclut par extension les végan-e-s].
Un défilé a lieu, suivi d’une soirée où sont proposées de nombreuses attractions (repas, stands d’information, vente de matériel militant, musique, discours, etc.).
Ce rassemblement favorise aussi les rencontres, échanges, discussions entre manifestants d’horizons et d’engagements divers.

2. Quels sont les objectifs de la Veggie Pride ?

L’objectif visé par la Veggie Pride est d’amener les végéta*iens à se manifester publiquement pour devenir des porte-paroles actifs de la cause animale au lieu de chercher à passer inaperçus.
Pour ce faire, nous les encourageons à exprimer leur fierté d’être végéta*iens pour les animaux, à lutter contre la végéphobie dont ils sont victimes et à défendre leurs droits de citoyens.
En effet, l’oppression des animaux non humains se traduit aussi par la violation des droits en principe reconnus aux êtres humains.
Parmi ceux-ci, figurent:

  • le droit de manger correctement dans les cantines, dans les hôpitaux, dans les prisons, ou dans toute collectivité ;
  • le droit à une information médicale impartiale et adaptée ;
  • le droit d’élever leurs enfants selon leurs convictions sans qu’on les fasse passer pour des marginaux à leurs yeux ;
  • le droit de refuser tout travail qui aille à l’encontre de leurs convictions éthiques ;
  • le droit de répondre aux personnes qui les attaquent dans les médias.

3. Quelle est l’histoire de la Veggie Pride ?

L’idée a été celle d’un individu (David Olivier) qui en a fait part à une poignée d’autres autour de lui. Les choses ont vraiment démarré le 31 août 2001, lorsque la proposition d’une manifestation qui aurait lieu le 13 octobre à Paris a été lancée sur des listes de discussion sur Internet consacrées aux animaux. Plusieurs personnes se sont déclarées intéressées par ce projet. La liste «veggiepride2001» a été créée le 3 septembre 2001 afin de le concrétiser. C’est sur cette nouvelle liste qu’a été discuté et mis au point le manifeste qui constitue la plate-forme politique de la Veggie Pride.
Quelques semaines plus tard (le samedi 13 octobre 2001), la première Veggie Pride a rassemblé environ 200 manifestants qui ont effectué une marche symbolique autour de la Place des Innocents (la Préfecture de police ayant imposé une manifestation statique).
La manifestation a été suivie par France 3 île de France, dont les images ont été reprises par Canal+ et par Télé 7 Jours, puis de nombreux autres médias ont annoncé ou évoqué l’événement, dont Technikart en France ou NRJ et la Dernière Heure en Belgique.
S’agissant d’une première, organisée en moins de deux mois et avec de faibles moyens, cette couverture médiatique inespérée ainsi que la mobilisation de ces 200 manifestants ont constitué des éléments très encourageants pour les éditions futures.
La seconde édition, qui a bénéficié d’une meilleure préparation, s’est déroulée le samedi 18 mai 2002 à Paris. Elle a rassemblé environ 500 manifestants qui ont défilé entre les places de Jussieu et de la Sorbonne.
La manifestation a, cette fois-ci, été suivie ou annoncée par plusieurs médias nationaux (France 3, France Info, NRJ, RFM, 24 Heures…) et de nombreux médias régionaux ou spécialisés.
L’événement a pris de l’ampleur au cours de cette seconde édition (mobilisation plus importante, soutien d’associations plus nombreuses — en particulier des associations étrangères — et intérêt des médias).
Depuis, chaque année des Veggie Pride ont eu lieu dans d’autres villes : Lyon, Marseille, Milan, Rome et Genève.
La Veggie Pride rassemble désormais un millier de personnes et les couvertures médiatiques sont au rendez-vous.

4. Qui sont les organisateurs de la Veggie Pride ?

La Veggie Pride est organisée par des personnes provenant d’horizons divers, de tout âge et de toute condition sociale, agissant à titre individuel (et non par une coalition d’associations).
Pour la plupart, elles se sont rencontrées sur des listes de diffusion Internet traitant du végéta*isme et de la question animale.
Tous les organisateurs sont végéta*iens pour les animaux (et pas seulement pour leur santé ou pour des raisons écologiques ou humanitaires par exemple).
La quasi totalité des débats et décisions concernant le déroulement de la manifestation s’effectue sur une liste de discussion Internet dédiée à la Veggie Pride et ouverte à toute personne remplissant quelques conditions préalables.

5. Comment est financée la Veggie Pride ?

L’organisation d’une manifestation telle que la Veggie Pride nécessite un budget conséquent pour financer:

  • l’impression de dizaines de milliers de tracts
  • la location d’une sono et d’un groupe électrogène
  • les communications par téléphone, fax, courriers avec les médias et les associations
  • toute sorte de petites dépenses (mégaphone, etc…)

Les organisations qui soutiennent la Veggie Pride apportent une aide morale et logistique (diffusion des informations auprès de leurs adhérents, mise en place de moyens pour faciliter le transport des manifestants, etc…), mais aucun soutien financier ne leur est demandé.
La Veggie Pride ne reçoit d’autre part aucune subvention ou aide financière. L’ensemble des dépenses sont aujourd’hui financées par les organisateurs eux-mêmes. Tous les dons sont donc évidemment les bienvenus.
Néanmoins, depuis que la Veggie Pride prend de l’ampleur et que l’objectif est de lui donner un écho bien plus large en France comme à l’International, il est possible qu’un collectif organisateur émette une demande de mécénat ou sponsoring pour un soutien financier auprès d’associations ou entreprises ayant les mêmes valeurs.

6. Quand auront lieu les prochaines Veggie Pride ?

La prochaine Veggie Pride aura lieu le 10 et 11 octobre 2015 à Paris.
Nous encourageons vivement tous les projets de Veggie Pride dans d’autres pays et invitons les personnes intéressées à prendre contact avec nous.

 

Sur l’organisation et le déroulement

 

1. Qui peut participer à la manifestation ?

Le seul critère permettant de participer à la manifestation est d’être végéta*ien parce qu’on refuse de faire souffrir et tuer des animaux pour notre consommation, que le mobile de ce choix soit la compassion ou une réflexion d’ordre éthique. Certains participants à la Veggie Pride se diront antispécistes ou partisans des droits des animaux, d’autres se présenteront simplement comme des personnes qui estiment que la satisfaction de préférences gastronomiques est une raison trop mince pour tuer des êtres sensibles.
Les non-végéta*iens sont invités à profiter de cette journée pour s’informer grâce à la documentation mise à leur disposition, à poser des questions aux participants, et à assister aux diverses animations proposées.

2. Quelles consignes doivent être suivies par les participants à la manifestation ?

Nous voulons que pendant le défilé (la première partie de la manifestation) ne soient vues que des personnes qui, en leur nom propre, viennent exprimer leur fierté d’être végéta*iennes pour les animaux.
L’idée de la Veggie Pride est d’amener les végéta*iens à faire leur « coming out », à oser affirmer leurs raisons, leurs sentiments, leurs convictions concernant les animaux dans leur vie quotidienne, et d’accroître leur résistance face aux tentatives de marginalisation dont ils peuvent faire l’objet dans leur famille ou au travail.
C’est pour cela que la Veggie Pride s’adresse aux végéta*iens en tant qu’individus et leur demande d’être présents en tant que tels.
Nous voulons d’autre part que, pour une fois, les messages diffusés au cours de la Veggie Pride rompent avec l’idéologie qui veut qu’une cause ne mérite d’être défendue que si elle sert des intérêts humains (voir partie 3, question 4).
C’est pour promouvoir ces deux points que nous avons établi un ensemble de règles, que nous demandons à chacun de respecter. En particulier :

  • aucun sigle ou nom d’organisation ne doit figurer sur les banderoles et pancartes utilisées pendant le défilé.
  • le message sur les banderoles et pancartes ne doit pas faire référence à d’autres motifs pour le végéta*isme que le sort des animaux mangés.

Nous pensons que ces règles ne sont pas en contradiction avec l’expression de la diversité des individus participants, bien au contraire.

Dans le cadre de l’esprit Veggie Pride, toutes les initiatives sont les bienvenues pour animer la manifestation, en particulier:

  • les participants sont invités à confectionner des banderoles et pancartes ;
  • venir déguisé en animaux ;
  • on peut concevoir des sketches à jouer pendant la partie statique de la manifestation ;
  • on peut faire de la musique, ou dire des poèmes…

De plus, les associations ont leur place dans la Veggie Pride. Elles peuvent :

  • figurer parmi les organisations qui soutiennent la Veggie Pride ;
  • tenir un stand lors de la soirée, où elles peuvent afficher leur propre bannière, distribuer ou vendre leur documentation, faire signer leurs pétitions, vendre ou offrir des boissons ou de la nourriture ;
  • distribuer leurs tracts au public lors de la soirée.

3. Qui peut participer à l’organisation ?

Pour participer à l’organisation de la Veggie Pride, vous devez être végéta*ien pour ne pas faire souffrir et tuer d’animaux et adhérer à l’esprit du manifeste, notamment sur les points concernant la volonté :

  • d’exprimer votre fierté d’être végéta*ien ;
  • de lutter contre la végéphobie ;
  • de défendre vos droits de citoyen.

Si tel est votre cas, et que vous souhaitez participer activement, il ne vous reste plus qu’à nous contacter.

4. Que pouvez-vous apporter à l’organisation de la Veggie Pride ?

Vous pouvez surtout y participer en donnant des idées et en apportant la contribution que vous pouvez aux dizaines de petites choses qu’il y a à faire :

  • contacter les médias, les associations,
  • traduire des documents,
  • fabriquer des banderoles,
  • proposer des animations,
  • concevoir et distribuer des tracts annonçant la Veggie Pride, etc…

 

Sur le fond

 

1. Pourquoi avoir choisi le nom «Veggie Pride» ?

Avec la « Lesbian and Gay Pride » les homosexuels ont pu «sortir de leur placard», dire sur la place publique qu’ils n’avaient pas honte de leur sexualité et dénoncer l’homophobie. De nombreux végéta*iens désirent faire de même à propos de la végéphobie dont ils sont victimes dès lors qu’ils expriment leur volonté de ne pas exploiter les animaux.
L’utilisation du terme pride (fierté) pour défendre les droits des végéta*iens permet d’établir un parallèle entre ces deux manifestations aux concepts militants parfois très similaires.
Par ailleurs, la Veggie Pride a une vocation internationale. Son site Internet (www.veggiepride.org) est traduit en plusieurs langues; les associations qui la soutiennent appartiennent à des pays différents ; dès la seconde édition, de nombreux étrangers comptaient parmi les participants, et nous espérons qu’à terme des manifestations similaires se dérouleront dans d’autres pays que la France.
Contrairement à une dénomination telle que « Fierté végéta*ienne », le nom «Veggie Pride» peut facilement être adopté tel quel, sans traduction, à l’étranger.

2. Pourquoi être « fiers » (pride) de notre végéta*isme ?

Notre fierté, c’est d’abord la volonté de proclamer que nous n’avons pas à avoir honte de ne pas tuer d’animaux pour notre consommation, que nous ne nous laisserons plus intimider par les ricanements que ce choix inspire.
De notre point de vue, l’exploitation des animaux n’est pas un comportement moralement justifiable.
De ce fait, ne pas manger les animaux est la moindre des choses (tout comme ne pas violer, torturer, etc.).
Mais ceux qui mangent de la viande ne font que perpétuer des horreurs déjà inscrites dans leur culture et se défaire de ce système n’est pas chose facile. C’est pourquoi nous préférons mettre en avant la fierté d’avoir su dire non à l’exploitation animale, condamner cette exploitation en tant qu’idéologie plutôt que de blâmer ceux qui aujourd’hui participent au massacre. Le prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer disait que la chose dont il était le plus fier dans sa vie, c’était d’être devenu végéta*ien. Notre fierté, c’est d’avoir fait la moindre des choses, une chose très importante mais élémentaire, que tout le monde devrait faire et peut faire.

3. En quoi l’approche visée par la Veggie Pride est-elle différente de celle des autres mouvements de promotion du végéta*isme ou de défense animale ?

La Veggie Pride est une manifestation de végéta*iens contre l’exploitation animale et s’inscrit donc dans le cadre d’autres mouvements qui ont pour but la protection animale ou la promotion du végéta*isme par exemple.
Ce qui distingue cependant la Veggie Pride des mouvements de défense animale est qu’elle place au premier plan le végéta*isme, la consommation des animaux étant de très loin la première cause de souffrance animale.
Ce qui la distingue d’autre part des mouvements de promotion du végéta*isme, c’est qu’elle n’a pas pour but de présenter un régime alimentaire ou un mode de vie, intéressants à plusieurs titres. Sa particularité essentielle est qu’elle comporte un message moral (la fierté de ne pas manger d’animaux) et de nombreuses revendications liées à la lutte contre la végéphobie.

4. Pourquoi la Veggie Pride ne met-elle pas en avant d’autres raisons de choisir le végéta*isme que la volonté de ne pas maltraiter et tuer les animaux ?

On nous reproche parfois de ne pas utiliser tous les arguments disponibles pour promouvoir le végéta*isme :

  • avantages pour la santé humaine,
  • effets nocifs de l’élevage sur l’environnement,
  • accaparement de la production agricole pour nourrir les animaux destinés à la boucherie, au détriment de l’alimentation des humains des pays pauvres…

Ce choix est délibéré. Non que nous jugions ces autres arguments négligeables. Mais nous avons voulu rompre avec l’idéologie qui veut qu’une cause ne mérite d’être défendue que si elle sert les intérêts des humains. Les autres animaux sont les principales victimes des sévices et de la tuerie pour la viande. Y mettre fin est une raison suffisante pour cesser de les dévorer. C’est à eux que la Veggie Pride est dédiée.

5. Pourquoi la Veggie Pride défend-elle les droits des végéta*iens et pas directement ceux des animaux ?

Ce qui nous importe avant tout, en tant que végéta*iens contre l’exploitation animale, c’est que des animaux ne soient plus pêchés ou égorgés dans les abattoirs. Ne les trahissons-nous pas en défendant nos droits plutôt que les leurs ?
Nous n’avons pas honte de réclamer des droits pour nous. Il serait absurde de raisonner comme si ces droits étaient alternatifs à ceux des animaux non humains, comme si revendiquer quelque chose pour nous se faisait à leur détriment. Une petite histoire pour éclairer ce point…
Une femme entre dans un commerce. Elle demande à poser une affiche appelant à manifester contre les discriminations et la violence envers les étrangers. Le commerçant, qui est profondément xénophobe, injurie la femme et la jette dehors brutalement.
Cette femme a-t-elle tort de dénoncer l’agression dont elle a fait l’objet ? Devrait-elle se taire sous prétexte que sa mésaventure n’est rien à côté de ce que subissent les étrangers ?
En fait, elle s’est fait insulter pour s’être rangée du côté des victimes de la xénophobie. La raison pour laquelle elle a été agressée est la même que celle qui cause des souffrances plus graves à ceux dont elle se solidarise. En s’insurgeant contre ce qui lui a été fait à elle, elle défend son droit à agir pour que ces souffrances cessent.
De même, les acteurs de la Veggie Pride dénoncent des comportements dont ils sont les victimes, et qui sont une manifestation des attitudes qui nuisent beaucoup plus gravement à d’autres animaux.
Les droits que la société nous accorde sont les seuls que les autres animaux possèdent indirectement aujourd’hui. à ce titre, ils sont très précieux. C’est pour cela que nous ne luttons pas en marge de la société mais dans la société, et que nous entendons faire respecter nos droits de citoyens et en particulier celui d’exprimer notre remise en question de la consommation des animaux.
D’autre part, la Veggie Pride n’est qu’une action parmi d’autres. Chacun de nous à sa manière est présent par ailleurs dans des luttes qui défendent directement les animaux.

6. Qu’est ce que la végéphobie dénoncée par la Veggie Pride ?

Dès lors que l’on déclare refuser de faire emprisonner, gaver, terroriser, mutiler, priver de relations sociales, asphyxier, assommer, électrocuter, égorger autrui pour la simple satisfaction d’habitudes ou de préférences alimentaires, nos propos sont au mieux moqués, rendus inaudibles (sensiblerie, immaturité…) ou, pire, suspectés de véhiculer des idéologies odieuses (haine de l’humanité, inféodation à des sectes dangereuses…). Beaucoup de végéta*iens préfèrent passer inaperçus ou invoquer de fausses raisons dans l’espoir d’échapper aux moqueries et à la réprobation sociale.
La végéphobie est le phénomène qui contraint les végéta*iens soit à ne pas assumer publiquement leurs convictions, soit à se trouver marginalisés par leur entourage.
Par la Veggie Pride, nous voulons dire que nous n’acceptons plus cette situation. Nous voulons qu’il y ait discussion argumentée de nos propositions, à la place des rires ou des injures.

7. Le message porté par la Veggie Pride est-il agressif ou intolérant ?

Dire aux gens « c’est parce que vous mangez les animaux qu’on les tue », ce n’est pas les agresser, c’est refuser de leur mentir, c’est considérer que ce que nous avons compris, eux aussi sont capables de le comprendre.
Par la Veggie Pride, nous souhaitons simplement exprimer publiquement, collectivement, franchement, sans exagération ni censure, ce que nous pensons. Nous ne voulons plus avoir le choix entre l’hypocrisie ou la marginalisation. Nous considérons que c’est à la fois notre droit et une marque de respect envers ceux qui nous entourent.
On estime souvent intolérant de remettre en question ce que mangent les gens; nous empiéterions ce faisant sur un domaine de choix purement personnel. Il n’y a cependant aucune raison pour accorder une telle immunité exceptionnelle aux choix alimentaires. Le caractère légitime ou non de l’acte de se nourrir de chair animale, et donc de faire souffrir et tuer des animaux pour cela, est une question éthique, et peut à ce titre faire l’objet d’un débat au sein de la société, comme n’importe quelle autre question éthique.
C’est au contraire la volonté d’interdire d’emblée un tel débat qui nous semble intolérante.

8. Un discours plus consensuel ne serait-il pas plus efficace ?

Ne serait-il pas plus efficace, pour convaincre les gens de ne plus manger de viande, ou d’en manger moins, d’utiliser, comme le font tant de végéta*iens, des arguments plus consensuels que ceux qui font référence au sort infligé aux animaux ; tels les arguments portant sur la santé, le tiers-monde ou l’écologie ? En ne parlant pas des animaux, ou en évitant de mettre les personnes qui mangent les animaux face à leurs responsabilités dans le traitement de ceux-ci, ne peut-on plus facilement les amener à être d’accord avec nous ?
Nous ne le croyons pas, ou en tout cas refusons le discours qui voudrait faire de cette stratégie la seule acceptable.
En disant autre chose que ce que nous pensons, nous convaincrons peut-être plus facilement de ce que nous disons, mais pas de ce que nous pensons. En mettant nous-mêmes une barrière entre ce que nous pensons et ce que nous disons, nous ne nous rapprochons pas des gens; au contraire, nous les éloignons de nous.
Les personnes que nous pouvons convaincre d’abandonner la viande sur la base de la santé ou d’autres motivations purement personnelles n’ont aucune raison d’être à leur tour motivées pour en convaincre d’autres. Nous ne croyons pas en l’efficacité d’un mouvement formé d’un noyau de personnes motivées par le sort des animaux cherchant à convaincre l’ensemble de la société de changer de comportement sur la base d’autres arguments que ceux qui les ont elles-mêmes convaincues.
Une personne peut être végéta*ienne pour les animaux sans croire le végéta*isme avantageux pour la santé, le tiers-monde ou l’écologie de la planète. Ces questions factuelles sont indépendantes de la question éthique du traitement des animaux. Il n’est pas efficace d’exclure ces personnes de la lutte pour les animaux, ou d’exiger d’elles qu’elles mentent sur leurs propres convictions. Il n’est pas non plus efficace de donner le sentiment que pour être végéta*ien, il faille être d’accord avec ces affirmations factuelles.
La stratégie «consensuelle» a été testée sur le terrain depuis des décennies au moins et n’a pas fait preuve d’une efficacité éclatante.
L’argument «efficacité» peut au plus justifier l’emploi, par les personnes qui le désirent, de ces arguments plus consensuels; il ne peut justifier l’exclusion de toute autre stratégie.
Nous estimons que l’ampleur de la souffrance et de la mort causée par la consommation de la viande justifie que l’on parle haut et clair à son propos, à moins d’avoir à l’encontre d’une telle franchise des arguments d’efficacité autrement plus forts que ceux qui nous sont présentés.